5- Les opérettes

L'arrivée du cinéma parlant en France va bouleverser les habitudes. En effet, depuis la fin de la Grande Guerre s'était développé un nouveau genre de spectacle, la comédie musicale, beaucoup plus légère et moderne que les opéras et opéras-comiques d'avant-guerre. Voir à ce sujet l'excellent site de l'ECMF consacré à ces opérette sur scène entre 1918 et 1940.

La démocratisation du cinéma parlant à partir de 1930 va porter préjudice à ces opérettes, d'autant plus que les nouveaux films comportent pratiquement tous une ou plusieurs chansons. Et quand on est en province, il est beaucoup plus simple d'aller voir un film chantant qu'une opérette sur scène à Paris.

Durant les premières années, le petit monde de l'opérette va durement subir cette concurrence. Par exemple, il y aura en 1932 deux fois moins d'opérettes nouvelles qu'en 1930. Et pourtant, le cinéma parlant est un peu le successeur des opérettes sur scène. D'abord, parce-que les premiers films chantant sont appelés opérettes filmées. Ensuite, parce-qu'il reprend assez vite les anciens succès du théâtre parisien pour en faire des versions filmées qui seront vues dans toute la France.

Ainsi, le public de province qui n'a pas eu la chance de voir Milton dans l'opérette Le Comte Obligado en 1927 sera soulagé de voir Bouboule reprendre son propre rôle dans l'adaptation filmée de l'opérette, qui sort en salle en février 1935: Le Comte Obligado



Mais l'opérette se reprend assez vite, notamment avec la mode marseillaise qui débarque sur la France avec la sortie de la Trilogie de Pagnol à partir de 1932. Se développe alors les opérettes marseillaises, d'abord avec Vincent Scotto, puis avec Georges Sellers et Alibert. Les succès du théâtre sont aussitôt repris sur l'écran. C'est ainsi qu'entre 1932 et 1939, on voit sortir: Au Pays du Soleil, Trois de la Marine, Arènes Joyeuses, Un de la Canebière, Les Gangsters du Château d'If, etc.


Le cinéma s'aventure même du côté de l'Opéra. L'inverse n'est pas faux non plus: ainsi, de nombreuses voix lyriques enregistreront des musiques de film, par exemple Fanély Révoil ou Marie-Thérèse Gauley, qui chante ici en 1932 un air de "l'opérette filmée Paramount" Il est charmant



Les grands opéras sont aussi adaptés à l'écran: Carmen en 1945 et Louise en 1939 avec Grace Moore. Et ce serait oublier la Veuve Joyeuse tenue par Jeanette MacDonald.


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Dernière modification: 6 octobre 2011

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