8- La fin d'une époque?

Comme nous l'avons déjà vu, les premiers films parlants étaient avant tout des films chantants. C'est pourquoi dans pratiquement tous les films du début des années 1930, il y avait une chanson. Même si le film n'était pas une comédie musicale.

De leur côté, les comédies musicales pures évoluèrent également. Ce n'était plus une suite de chanson articulée autour d'un scénario plus ou moins bancal. C'était désormais un véritable spectacle, avec des numéros de plus en plus élaborés, et allant de plus en plus loin.

Ces numéros ont d'abord vu le jour à Hollywood, bien entendu. C'était surtout l'occasion de montrer au public les plus belles girls américaines, et bien souvent ces numéros n'avaient aucun rapport avec l'histoire du film. Un exemple, une scène du film américain Flying down to Rio (1933), avec Fred Astaire et Ginger Rogers



Mais bien vite, un chorégraphe de talent s'est distingué du lot: Busby Berkeley. Sa manière de filmer les séquences par vue aérienne a été très vite reprise par d'autres réalisateurs. Les numéros devenaient réellement de plus en plus beau, mais aussi de plus en plus coûteux et compliqué. On frôlait un peu l'overdose et le n'importe quoi. Un exemple avec la scène d'ouverture du film Dames en 1934: c'est vraiment magnifique, mais que c'est compliqué!



D'autant plus que ces numéros devenaient de plus en plus long: certains font plus de 20 minutes! Alors imaginez qu'il y ait 2 ou 3 numéros de ce genre dans un film, et vous comprendrez vite qu'il ne reste pas beaucoup de place pour l'intrigue et le scénario. Sans compter que ce phénomène s'est étendu sur le reste du monde. Un exemple en France avec Maurice Chevalier dans Folies-Bergère (1935) et en Allemagne dans Es leuchten die Sterne (1938)




Au bout de quelques années, le public eut une overdose de chanson et de tableau musical, et délaissa peu à peu le genre. C'est pourquoi, à la fin des années 1930, on retrouve plutôt des films comme Quai des Brumes, Hôtel du Nord ou La Règle du Jeu. Le public s'était lassé, et les vedettes du cinéma chantant étaient déjà un peu oubliée. Albert Préjean tournait moins, Henri Garat et Lilian Harvey avaient disparu, et Fred Astaire et Ginger Rogers avaient tourné leur dernier film en 1939. L'âge d'or de la comédie musicale était révolu.

Et pourtant, le genre n'était pas mort. Bientôt, la Guerre puis l'Occupation ramèneront le public vers ce genre léger, un public qui ne demandait qu'à passer du bon temps dans les salles obscures pour oublier les difficultés du quotidien...


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Dernière modification: 18 octobre 2011

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